Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/93

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&des discrétions de zele, dont on est bien souvent obligé de se servir. Je suis ma propre façon de penser, naïve & même peu discrete, en affichant mon nom & ma conduite à côté du nom & de la conduite de M. R. pour en infirmer un peu je l’avoue, la trop grande autorité, s’il étoit dit qu’on n’ose lui dire en face du public, tout ce qu’on pense de bien, sinon de lui, du moins pour lui & pour le public.

Je ne le dissimule pas, j’en fais une profession ouverte, franche & noble, religieuse même de réfuter de point en point, le plus solidement qu’il me sera possible, le dernier écrit & tous les écrits de M. R. La religion, la qualité de François, le titre d’homme de Lettres, d’Académicien même m’autorisent. Je me sens un vrai zele pour M. R. Je voudrois le convertir, qu’on me passe le terme ; oui, le convertir à Dieu, à l’Eglise, au Roi, à la France, aux Lettres, aux Arts, à la société, à l’humanité : toutes choses pour lesquelles je lui connois des talens.

Ne craignez rien, Monsieur, je ne veux en rien triompher de vous si ce n’est de votre cœur ; je ne veux en rien vous faire rougir de honte, mais de pudeur. Agnosce, ô Homo, dignitatem tuam, veux-je vous dire avec un saint PÈRE. Oui, Monsieur, c’est à vous-même que vous manquez en manquant, aux sciences, à la société, à l’humanité que Dieu a créée, réparée, prise même avec tant de respect, l’ayant faite à son image, & unie à sa propre personne. Je suis donc, Monsieur, votre très-humble, &c.