Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/95

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du Pape & des Évêques étant d’un ordre tout-à-fait à part, & n’allant qu’à augmenter celle du Roi sans partage ni diminution quelconque, en redoublement même de l’une & de j’autre, en raison doublée, disent les Géometres. Car il est faux que dans le concert de ces deux autorités, il soit impossible que l’un ou l’autre soient bien obéis, & que l’Etat soit bien gouverné ; puisqu’au contraire dans le bon gouvernement de l’Etat le Roi maintient l’Eglise & la protege efficacement, & que l’Eglise ne prêche que la fidélité & l’obéissance au Roi. Il n’y a jamais eu que les Calvinistes & les Albigeois ou leurs pareils, qui ayent prêché & exercé la révolte aux loix de l’Etat & de l’Eglise dont les intérêts ne sauroient se diviser.

M. R. devoir éviter avec soin tout ce qui peut fonder le reproche de Philosophes cyniques, qu’on ne fait que trop à ceux qui critiquent tout, à propos & hors de propos : car après avoir dit qu’un chien est bon, lorsqu’il aboie à propos, il ajoute “qu’on hait l’importunité de ces animaux. bruyans qui troublent sans cesse le repos public, & dont les avertissement continuels & déplacés ne se sont pas même écouter au moment qu’ils sont nécessaires.” Je suppose que c’est de lui-même que M. R. parle si naïvement.

Monsieur, en ami je n’aurois pas voulu, si vous m’aviez consulté, que vous eussiez dit que vous étiez réduit à finir “dans d’autres climats, une infirme & languissante carriere, regrettant inutilement le repos & la paix dont une jeunesse imprudente vous a privé.” On ne sait que penser de votre expatriation & de cette jeunesse imprudente qui vous y a réduit. Il ne me convient pas de voir plus clair ni plus loin que