Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/179

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je me troublai lorsqu’il fallut le réciter, au point de n’en pouvoir pas dire un seul mot & je fis dans cette conférence le rôle du plus sot écolier. Les commissaires parloient pour moi ; je répondois bêtement oui & non ; ensuite je fus admis à la communion & réintégré dans mes droits de citoyen : je fus inscrit comme tel dans le rôle des gardes que payent les seuls citoyens & bourgeois & j’assistois à un conseil général extraordinaire, pour recevoir le serment du syndic Mussard. Je fus si touché des bontés que me témoignèrent en cette occasion le conseil, le consistoire & des procédés obligeans& honnêtes de tous les magistrats, ministres & citoyens, que, pressé par le bon homme De Luc, qui m’obsédoit sans cesse & encore plus par mon propre penchant, je ne songeai à retourner à Paris que pour dissoudre mon ménage, mettre en règle mes petites affaires, placer Mde. le Vasseur & son mari, ou pourvoir à leur subsistance & revenir avec Thérèse m’établir à Genève pour le reste de mes jours.

Cette résolution prise, je fis trêve aux affaires sérieuses pour m’amuser avec mes amis jusqu’au tems de mon départ. De tous ces amusemens celui qui me plut davantage fut une promenade autour du lac, que je fis en bateau avec De Luc père, sa bru, ses deux fils & ma Thérèse. Nous mîmes sept jours à cette tournée, par le plus beau tems du monde. J’en gardai le vif souvenir des sites qui m’avoient frappé à l’autre extrémité du lac & dont je fis la description quelques années après dans la nouvelle Héloise.

Les principales liaisons que je fis à Genève, outre les