Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/281

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prendre le singulier parti de m’en plaindre à St. L[...]t même. En attendant l’effet de la lettre que je lui écrivis à ce sujet, je me jetai dans les distractions que j’aurois dû chercher plutôt. Il y eut des fêtes à la C[...]e pour lesquelles je fis de la musique. Le plaisir de me faire honneur auprès de Mde. d’H[...]d’un talent qu’elle aimoit, excita ma verve, & un autre objet contribuoit encore à l’animer ; savoir, le désir de montrer que l’auteur du Devin du village savoit la musique ; car je m’appercevois depuis long-temps que quelqu’un travailloit en secret à rendre cela douteux, du moins quant à la composition. Mon début à Paris, les épreuves où j’y avois été mis à diverses fois, tant chez M. D[...]n que chez M. de la Poplinière ; quantité de musique que j’y avois composée pendant quatorze ans au milieu des plus célèbres artistes, & sous leurs yeux. Enfin l’opéra des Muses galantes, celui même du Devin, un motet que j’avois fait pour Mlle. Fel, & qu’elle avoit chanté au concert spirituel ; tant de conférences que j’avois eues sur ce bel art avec les plus grands maîtres, tout sembloit devoir prévenir ou dissiper un pareil doute. Il existoit, cependant, même à la C[...]e, & je voyois que M. D’

[Epina] y n’en étoit pas exempt. Sans paroître m’appercevoir de cela, je me chargeai de lui composer un motet pour la dédicace de la chapelle de la C[...]e, & je le priai de me fournir des paroles de son choix. Il chargea De Linant, le gouverneur de son fils, de les faire. De Linant arrangea des paroles convenables au sujet, & huit jours après qu’elles m’eurent été données, le motet fut achevé. Pour cette fois, le dépit