Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


bien des torts ; mais elle étoit un exemple de retenue & de discrétion pour les gens qui, comme G[...], étoient au fait des choses que j’y taisois & qui justifioient pleinement ma conduite. Je ne craignis pas même de mettre un préjugé de plus contre moi en prêtant l’avis de Diderot à mes autres amis, pour insinuer que Mde. d’H[...]avoit pensé de même, comme il étoit vrai, & taisant que, sur mes raisons, elle avoit changé d’avis, je ne pouvois mieux la disculper du soupçon de conniver avec moi, qu’en paroissant sur ce point mécontent d’elle.

Cette lettre finissoit par un acte de confiance dont tout autre homme auroit été touché ; car en exhortant G[...]à peser mes raisons & à me marquer après cela son avis, je lui marquois que cet avis seroit suivi, quel qu’il pût être, & c’étoit mon intention, eût-il même opiné pour mon départ ; car M. D’

[Epina] y s’étant fait le conducteur de sa femme dans ce voyage, le mien prenoit alors un coup-d’œil tout différent : au lieu que c’étoit moi d’abord qu’on voulut charger de cet emploi, & qu’il ne fut question de lui qu’après mon refus.

La réponse de G[...]se fit attendre ; elle fut singulière, je vais la transcrire ici.

"Le départ de Mde. D’

[Epina] y est reculé ; son fils est malade, il faut attendre qu’il soit rétabli. Je rêverai à votre lettre. Tenez-vous tranquille à votre Hermitage. Je vous ferai passer mon avis à temps. Comme elle ne partira sûrement pas de quelques jours, rien ne presse. En attendant, si vous le jugez à propos, vous pouvez lui