Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/304

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je n’en pouvois alléguer la véritable cause sans outrager Mde. D’

[Epina] y, à qui je devois certainement de la reconnoissance, après tout ce qu’elle avoit fait pour moi. Tout bien considéré, je me trouvois dans la dure mais indispensable alternative de manquer à Mde. D’

[Epina] y, à Mde. d’H[...], ou à moi-même & je pris le dernier parti. Je le pris hautement, pleinement, sans tergiverser & avec une générosité digne assurément de laver les fautes qui m’avoient réduit à cette extrémité. Ce sacrifice, dont mes ennemis ont sçu tirer parti & qu’ils attendoient peut-être, a fait la ruine de ma réputation & m’a ôté, par leurs soins, l’estime publique ; mais il m’a rendu la mienne & m’a consolé dans mes malheurs. Ce n’est pas la dernière fois, comme on verra, que j’ai fait de pareils sacrifices, ni la dernière aussi qu’on s’en est prévalu pour m’accabler.

G[...]étoit le seul qui parût n’avoir pris aucune part dans cette affaire ; ce fut à lui que je résolus de m’adresser. Je lui écrivis une longue lettre, dans laquelle j’exposai le ridicule de vouloir me faire un devoir de ce voyage de Genève, l’inutilité, l’embarras même dont j’y aurois été à Mde. D’

[Epina] y & les inconvéniens qui en auroient résulté pour moi-même. Je ne résistai pas, dans cette lettre, à la tentation de lui laisser voir que j’étois instruit & qu’il me paroissoit singulier qu’on prétendît que c’étoit à moi de faire ce voyage, tandis que lui-même s’en dispensoit & qu’on ne faisoit pas mention de lui. Cette lettre, où, faute de pouvoir dire nettement mes raisons, je fus forcé de battre souvent la campagne, m’auroit donné dans le public l’apparence de