Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/332

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être pas refusé. J’y reconnus, non seulement que les intrigues de G[...]et des H

[olbachien] s n’avoient point détaché de moi mes anciennes connaissances, *

[*Voilà ce que, dans la simplicité de mon cœur, je croyois encore quand j’écrivis mes Confessions ] mais, ce qui me flatta davantage encore, c’est que les sentimens de Mde. d’H....

[d’Houdetot] & de St. L[...]t étoient moins changés que je n’avois cru ; & je compris enfin qu’il y avoit plus de jalousie que de mésestime dans l’éloignement où il la tenoit de moi. Cela me consola & me tranquillisa. Sûr de n’être pas un objet de mépris pour ceux qui l’étoient de mon estime, j’en travaillai sur mon propre cœur avec plus de courage & de succès. Si je ne vins pas à bout d’y éteindre entièrement une passion coupable & malheureuse, j’en réglai du moins si bien les restes, qu’ils ne m’ont pas fait faire une seule faute depuis ce temps-là. Les copies de Mde. d’H[...], qu’elle m’engagea de reprendre ; mes ouvrages que je continuai de lui envoyer quand ils paraissoient, m’attirèrent encore de sa part, de tems à autre, quelques messages & billets indifférents, mais obligeants. Elle fit même plus, comme on verra dans la suite : & la conduite réciproque de tous les trois, quand notre commerce eut cessé, peut servir d’exemple de la manière dont les honnêtes gens se séparent, quand il ne leur convient plus de se voir.

Un autre avantage que me procura ce dîner fut qu’on en parla dans Paris, & qu’il servit de réfutation sans réplique au bruit que répandoient partout mes ennemis, que j’étois brouillé mortellement avec tous ceux qui s’y trouvèrent, &