Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/372

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quinze à vingt mille livres de rentes auxquelles on la maria. Ce mignon, jurant, criant, grondant, tempêtant, & faisant pleurer sa femme toute la journée, finissoit par faire toujours ce qu’elle vouloit, & cela pour la faire enrager, attendu qu’elle savoit lui persuader que c’étoit lui qui le vouloit, & que c’étoit elle qui ne le vouloit pas. M. de Margency, dont j’ai parlé, étoit l’ami de madame, & devint celui de monsieur. Il y avoit quelques années qu’il leur avoit loué son château de Margency, près d’Eaubonne & d’Andilly, & ils y étoient précisément durant mes amours pour Mde. d’Houdetot] Mde. d’H[...]& Mde. de V

[erdeli] n se connoissoient par Mde. d’Aubeterre, leur commune amie ; & comme le jardin de Margency étoit sur le passage de Mde.d’H[...]pour aller au Mont Olympe, sa promenade favorite, Mde. de V

[erdeli] n lui donna une clef pour passer. À la faveur de cette clef, j’y passois souvent avec elle ; mais je n’aimois point les rencontres imprévues ; & quand Mde. de V

[erdeli] n se trouvoit par hasard sur notre passage, je les laissois ensemble sans lui rien dire, & j’allois toujours devant. Ce procédé peu galant n’avoit pas dû me mettre en bon prédicament auprès d’elle. Cependant, quand elle fut à S

[oisy] , elle ne laissa pas de me rechercher. Elle me vint voir plusieurs fois à Mont-Louis, sans me trouver ; & voyant que je ne lui rendois pas sa visite, elle s’avisa, pour m’y forcer, de m’envoyer des pots de fleurs pour ma terrasse. Il fallut bien l’aller remercier : c’en fut assez. Nous voilà liés.

Cette liaison commença par être orageuse, comme toutes celles que je faisois malgré moi. Il n’y régna même jamais