Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/109

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assez ouvertement dans la ligue de mes persécuteurs ; comme les d’I

[vernoi] s, sans en excepter même le pere, & le frère de mon Isabelle, B

[oy] de la T

[our] , parent de l’amie chez qui j’étois logé, & Mde. G

[irardie] r, sa belle-sœur. Ce Pierre B

[oy] étoit si butor, si bête, & se comporta si brutalement que, pour ne pas me mettre en colère, je me permis de le plaisanter, & je fis dans le goût du petit prophète, une petite brochure de quelques pages, intitulée la Vision de Pierre de la montagne, dit le Voyant, dans laquelle je trouvai le moyen de tirer assez plaisamment sur des miracles, qui faisoient alors le grand prétexte de ma persécution. D. fit imprimer à Genève ce chiffon, qui n’eut dans le pays qu’un succès médiocre, les Neuchâtelois avec tout leur esprit, ne sentent guère le sel attique ni la plaisanterie, sitôt qu’elle est un peu fine.

Dans la plus grande fureur des décrets, & de la persécution, les Genevois s’étoient particulièrement signalés en criant haro de toute leur force, & mon ami V

[ernes] entr’autres avec une générosité vraiment heroique, choisit précisément ce temps-là pour publier contre moi des lettres, où il prétendoit prouver que je n’étois pas chrétien. Ces lettres, écrites avec un ton de suffisance, n’en étoient pas meilleures, quoiqu’on assurât que le célèbre B

[onne] t y avoit mis la main : car ledit B

[onne] t, quoique matérialiste, ne laisse pas d’être d’une orthodoxie très-intolérante sitôt qu’il s’agit de moi. Je ne fus assurément pas tenté de répondre à cet ouvrage : mais