Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/145

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la Suisse où je n’étois pas assez en leur pouvoir, parvinrent enfin à me livrer à leur ami.

J’ajoutai ce qui suit dans la lecture que je fis de cet écrit à M. & Mde. la comtesse d’Egmont, à M. le prince Pignatelli, à Mde. la marquise de Mesmes & à M. le marquis de Juigné.

J’ai dit la vérité ; si quelqu’un sait des choses contraires à ce que je viens d’exposer, fussent-elles mille fois prouvées, il sait des mensonges & des impostures, & s’il refuse de les approfondir & de les éclaircir avec moi, tandis que je suis en vie, il n’aime ni la justice ni la vérité. Pour moi je le déclare hautement & sans crainte : Quiconque, même sans avoir lu mes écrits, examinera par ses propres yeux mon naturel, mon caractère, mes mœurs, mes penchans, mes plaisirs, mes habitudes, & pourra me croire un mal-honnête homme, est lui-même un homme à étouffer.

J’achevai ainsi ma lecture & tout le monde se tut. Mde. d’Egmont fut la seule qui me parut émue ; elle tressaillit visiblement, mais elle se remit bien vite, & garda le silence ainsi que toute la compagnie. Tel fut le fruit que je tirai de cette lecture & de ma déclaration.


Fin du douzième Livre.