Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/191

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qui m’éblouit & me blesse, elle n’a que trop fait son devoir, & le sceptre est abandonné. La carrière est grande pour les rois de votre étoffe, & vous êtes encore loin du terme ; cependant le temps presse, & il ne vous reste pas un moment à perdre pour aller au bout. *

[* Dans le brouillon de cette lettre il y avoit à la place cette phrase : Sondez bien votre cœur, ô Frédéric ! vous convient-il de mourir sans avoir été le plus grand des hommes ? & à la fin de la lettre cette autre phrase : Voilà, Sire, ce que j’avois à vous dire ; il est donné à peu de rois de l’entendre, & il n’est donné à aucun de l’entendre deux fois.]

Puissai-je voir Frédéric le juste & le redouté couvrir ses états d’un peuple nombreux dont il soit le père, & J. J. Rousseau, l’ennemi des rois, ira mourir aux pieds de son trône !

LETTRE À MILORD MARÉCHAL.

Novembre 1762.

Non, milord, je ne suis ni en sauté ni content, mais quand je reçois de vous quelque marque de bonté & de souvenir, je m’attendris, j’oublie mes peines ; au surplus, j’ai cœur abattu, & je tire bien moins de courage de ma philosophie que de ma votre vin d’Espagne.

Madame la comtesse de Boufflers demeure rue Notre-Dame-de-Nazareth, proche le temple ; mais je ne comprends pas comment vous n’avez pas son adresse, puisqu’elle me marque que vous lui avez encore écrit pour l’engager à me faire