Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/226

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indulgence, pour confondre leur cause avec celle de la religion. Cela étant, ce moment ne seroit pas le plus favorable pour agir à la cour ; mais en attendant qu’il vint, on pourroit continuer d’instruire & d’intéresser le public par des écrits sages & modérés, forts de raisons d’état, claires & précises, & dépouillées de toutes ces aigres & puériles déclamations trop ordinaires aux gens d’Eglise. Je crois même qu’on doit éviter d’irriter trop le clergé Catholique ; il faut dire ces faits sans les charger de réflexions offensantes. Concevez, au contraire, un mémoire adressé aux Evêques de France en termes décens & respectueux, & où, sur des principes qu’ils n’oseroient désavouer, on interpelleroit leur équité, leur charité, leur commisération, leur patriotisme, & même leur Christianisme : ce mémoire, je le sais bien, ne changeroit pas leur volonté, mais il leur seroit honte de la montrer, &les empêcheroit peut-être de persécuter si ouvertement & si durement nos malheureux e frères. Je puis me tromper ; voilà ce que je pense. Pour moi je n’écrirai point ; cela ne m’est pas possible : mais partout où mes soins & mes conseils pourront être utiles aux opprimés, ils trouveront toujours en moi dans leur malheur, l’intérêt & le zèle que dans les miens je n’ai trouvé chez personne.