Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/285

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ami, cette tendre inquiétude, & la cause qui la produit, est une trop douce maladie pour que ni vous, ni moi nous en voulions guérir. Je prendrai toutefois les mesures que vous m’indiquez pour ne pas me tourmenter mal - à - propos ; & pour commencer, j’inscris aujourd’hui la date de cette lettre en commençant par Nº. 1. afin de voir successivement une suite de numéros bien en ordre. Ma première ferveur d’arrangement est toujours une chose admirable ; malheureusement elle dure peu.

J’aurois fort souhaité que vous n’eussiez pas fait partir mes livres, mais c’est une affaire faite ; je sens que l’objet de toute la peine que vous avez prise pour cela, n’étoit que de me fournir des amusemens dans ma retraite ; cependant vous vous êtes trompé. J’ai perdu tout goût pour la lecture, & hors des livres de botanique, il m’est impossible de lire plus rien. Ainsi je prendrai le parti de faire rester tous ces livres à Londres, & de m’en défaire comme je pourrai, attendu que leur transport jusqu’ici me coûteroit beaucoup au - delà de leur valeur ; que cette dépense me seroit fort onéreuse ; que quand ils seroient ici, je ne saurois pas trop où les mettre, ni qu’en faire. Je suis charmé qu’au moins vous n’ayez pas envoyé les papiers.

Soyez moins en peine de mon humeur, mon cher hôte, & ne le soyez point de ma situation. Le séjour que j’habite est fort de mon goût ; le maître de la maison est un très-galant homme, pour qui trois semaines de séjour qu’il a fait ici avec sa famille, ont cimenté l’attachement que ses bons procédés m’avoient donné pour lui. Tout ce qui dépend de