Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/289

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même avec mes amis, hors les cas de la plus grande nécessité. Je vous aime tendrement, & j’attends avec la plus vive impatience la visite que vous me promettez, mais comptez peu sur mes lettres. Quand je vous aura dit toutes les raisons du parti que je prends, vous les approuverez vous-même ; elles ne sont pas de nature à pouvoir être mises par écrit. S’il arrivoit que je ne vous écrivisse plus jusqu’à votre départ, je vous prie d’en prévenir dans le temps, M. D. P....u, afin que s’il a quelque chose à m’envoye, il vous le remette ; & en passant à Paris, vous m’obligerez aussi d’y voir M. Guy, chez la veuve Duchesne, afin qu’il vous remette ce qu’il a d’imprimé de mon dictionnaire de Musique, & que j’en aye par vous des nouvelles ; car je n’en ai plus depuis long-temps. Mon cher Monsieur, je ne serai tranquille que quand je serai oublié ; je voudrois être mort dans la mémoire des hommes. Parlez de moi le moins que vous pourrez, même à nos amis ; n’en parlez plus du tout à **, vous avez vu comment il me rend justice ; je n’en attends plus que de la postérité parmi les hommes, & de Dieu qui voit mon cœur dans tous les temps. Je vous embrasse de tout mon cœur.