Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/290

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LETTRE À Mr. GRANVILLE.

1766.

Quoique je sois fort incommodé, Monsieur, depuis deux jours, je n’aurois assurément pas marchandé avec ma sauté, pour la faveur que vous vouliez me faire, & je me préparois à en profiter ce soir. Mais voilà M. Davenport qui m’arrive. Il a l’honnêteté de venir exprès pour me voir. Vous, Monsieur, qui êtes si plein d’honnêteté vous-même, vous n’approuveriez pas, qu’au moment de son arrivée, je commençasse par m’éloigner de lui. Je regrette beaucoup l’avantage dont je suis privé ; mais du reste je gagnerai peut-être à ne pas me montrer ; si vous daigniez parler de moi à Mde. la Duchesse de Portland avec la même bonté dont vous m’avez donné tant de marques, il vaudra mieux pour moi qu’elle me voie par vos yeux que par les siens, & je nie consolerai par le bien qu’elle pensera de moi, de celui que j’aurai perdu moi-même.

Je dois une réponse à un charmant billet, mais l’espoir de la porter me fait différer à la faire. Recevez, Monsieur, je vous supplie, mes très-humbles salutations.