Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/302

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quoiqu’il arrive, de laisser M. Hume faire du bruit tout seul ; & je garderai le reste mes jours, le silence que je me suis imposé sur cet article. Au reste sans affecter une tranquillité stoïque, j’ose vous assurer que dans ce déchaînement universel, je suis ému aussi peu qu’il est possible, & beaucoup moins que je n’aurois cru l’être, si d’avance on me l’eût annoncé. Mais ce que je vous proteste, & ce que je vous jure, mon respectable hôte, en vérité & à la face du ciel, c’est que le bruyant & triomphant David Hume dans tout l’éclat de sa gloire, me paroît beaucoup plus à plaindre, que l’fortuné J. J. Rousseau, livré à la diffamation publique. Je ne voudrois pour rien au monde être à sa place, & j’y préfère de beaucoup la mienne, même avec l’opprobre qu’il lui a plu d’y attacher.

J’ai craint pour vous ces mauvais temps passés. J’espère que ceux qu’il fait à présent en répareront le mauvais effet. J’ai pas été mieux traité que vous, & je ne connois plus guères de bon temps, ni pour mon cœur ni pour mon corps. J’excepte celui que je passe auprès de vous ; c’est vous dire assez avec quel empressement je vous attends & votre chère famille que je remercie & salue de toute mon ame.