Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/307

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LETTRE À Mde. la Comtesse de BOUFFLERS.

À Wootton le 30 Août 1766.

Une chose me fait grand plaisir, Madame, dans la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 27 du mois dernier, & qui ne m’est parvenue que depuis peu de jours ; c’est de connoître à son ton que vous êtes en bonne sauté.

Vous dites, Madame, n’avoir jamais vu de lettre semblable à celle que j’ai écrite à M. Hume ; cela peut être, car je n’ai, moi, jamais rien vu de semblable à ce qui y a donné lieu. Cette lettre ne ressemble pas du moins à celles qu’écrit M. Hume, & j’espère n’en écrire jamais qui leur ressemblent.

Vous me demandez quelles sont les injures dont je me plains. M. Hume m’a forcé de lui dire que je’voyois ses manœuvres secrètes, & je l’ai fait. Il m’a forcé d’entrer là-dessus en explication ; je l’ai fait encore, & dans le plus grand détail. Il peut vous rendre compte de tout cela, Madame ; pour moi je ne me plains de rien.

Vous me reprochez de me livrer à d’odieux soupçons ; à cela je réponds que je ne me livre point à des soupçons. Peut-être auriez-vous pu, Madame, prendre pour vous un peu des leçons que vous me donnez, n’être pas si facile à croire que je croyois si facilement aux trahisons, & vous dire pour moi une partie des choses que vous vouliez que je me disse pour M. Hume.