Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/312

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veniez, je vous verrai toujours avec le même plaisir. Je me rapporte en toute chose à la lettre que je vous ai écrite, il y a une quinzaine de jours, par voie d’ami. Je vous embrasse de tout mon cœur.

P. S. Il faut que vous ayez une mince opinion de mon discernement, en fait de style, pour vous imaginer que je me trompe sur celui de M. Voltaire, & que je prends pour être de lui ce qui n’en est pas ; & il faut en revanche que vous ayez une haute opinion de sa bonne foi, pour croire que dès qu’il renie un ouvrage, c’est une preuve qu’il n’est pas de lui.

LETTRE À Mr. D. P...... u.

Wootton le 15 Novembre 1766.

Je vois, avec douleur, cher ami, par votre Nº. 37 que je vous ai écrit des choses déraisonnables dont vous vous tenez offensé. Il faut que vous ayez raison d’en juger ainsi, puisque vous êtes de sang-froid en lisant mes lettres, & que je ne le suis guère en les écrivant : ainsi vous êtes plus en état que moi de voir les choses telles qu’elles sont. Mais cette considération doit être aussi de votre part, une plus grande raison d’indulgence ; ce qu’on écrit dans le trouble, ne doit pas être envisagé comme ce qu’on écrit de sang-froid. Un dépit outré a pu me laisser échapper des expressions démenties