Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/316

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de Lord Egremond. Recevez, Milord, je vous prie, les assurances de ma reconnoissance & de mon respect.

LETTRE À Mr. DAVENPORT.

22 Décembre 1766.

Quoique jusqu’ici, Monsieur, malgré mes sollicitations & mes prières, je n’aie pu obtenir de vous un seul mot d’explication, ni de réponse sur les choses qu’il m’importe le plus de savoir, mon extrême confiance en vous m’a fait endurer patiemment ce silence, bien que très-extraordinaire. Mais, Monsieur, il est temps qu’il cesse ; & vous pouvez juger des inquiétudes dont je suis dévoré, vous voyant prêt à partir pour Londres sans m’accorder, malgré vos promesses, aucun des éclaircissemens que je vous ai demandés avec tant d’instances. Chacun a son caractère ; je suis ouvert & confiant plus qu’il ne faudroit peut-être. Je ne demande pas que vous le soyez comme moi ; mais c’est aussi pousser trop loin le mystère, que de refuser, constamment de me dire sur quel pied je suis dans votre maison, & si j’y suis de trop ou non. Consdérez, je vous supplie, ma situation & jugez de mes embarras ; quel parti puis-je prendre, si vous refusez de me parler ? Dois - je rester dans votre maison malgré vous ? En puis - je sortir sans votre assistance ? Sans amis, sans connoissances, enfoncé dans un pays dont j’ignore la langue, je suis entièrement à