Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/317

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la merci de vos gens. C’est à votre invitation que j’y suis venu, & vous m’avez aidé à y venir ; il convient ce me semble que vous m’aidiez de même à en partir, si j’y suis de trop. Quand j’y resterois, il faudroit toujours, malgré toutes vos répugnances, que vous eussiez la bonté de prendre des arrangemens qui rendissent mon séjour chez vous moins onéreux pour l’un & pour l’autre. Les honnêtes gens gagnent toujours à s’expliquer, & s’entendre entr’eux. Si vous entriez avec moi dans les détails dont vous vous fiez à vos gens, vous seriez moins trompé & je serois mieux traité, nous y trouverions tous deux notre avantage ; vous avez trop d’esprit pour ne pas voir qu’il y a des gens à qui mon séjour dans votre maison déplait beaucoup, & qui seront de leur mieux pour me le rendre désagréable.

Que si malgré toutes ces raisons vous continuez à garder avec moi le silence, cette réponse alors deviendra très-claire, & vous ne trouverez pas mauvais que, sans m’obstiner davantage inutilement, je pourvoie à ma retraite, comme je pourrai, sans vous en parler davantage, emportant un souvenir très-reconnoissant de l’hospitalité que vous m’avez offerte, mais ne pouvant me dissimuler les cruels embarras où je me suis mis en l’acceptant.