Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/320

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même pied, & je ne croirois pouvoir me dédommager des agrémens que j’y trouve, que par ceux qui m’attendroient auprès de vous. Je pense souvent avec plaisir à la terme solitaire que nous avons vue ensemble, & à l’avantage d’y être votre voisin ; mais ceci sont plutôt des souhaits vagues que des projets d’une prochaine exécution. Ce qu’il y a de bien réel est le vrai plaisir que j’ai de correspondre en toute occasion à la bienveillance dont vous m’honorez, & de la cultiver autant qu’il dépendra de moi.

Il y a long - temps, Monsieur, que je me suis donné le conseil de la dame dont vous parlez ; j’aurois dû le prendre plutôt, mais il vaut mieux tard que jamais. M. Hume étoit pour moi une connoissance de trois mois, qu’il ne m’a pas convenu d’entretenir ; après un premier mouvement d’indignation dont je n’étois pas le maître, je me suis retiré paisiblement, il a voulu une rupture formelle ; il a fallu lui complaire ; il a voulu ensuite une explication ; j’y ai consenti. Tout cela s’en passé entre lui & moi. Il a jugé à propos d’en faire le vacarme que vous savez. Il l’a fait tout seul ; je me suis tu ; je continuerai de me taire ; & je n’ai rien du tout à dire de M. Hume, sinon que je le trouve un peu insultant pour un bon-homme, & un peu bruyant pour un philosophe.

Comment va la botanique ? Vous en occupez - vous un peu ? Voyez - vous des gens qui s’en occupent ? Pour moi j’en raffole, je m’y acharne & je n’avance point. J’ai totalement perdu la mémoire, & de plus je n’ai pas de quoi l’exercer ; car avant de retenir il faut apprendre, & ne pouvant trouver par moi-même les noms des plantes, je n’ai