Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/359

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Giunta è tua gloria al sommo, e per innanzi Fugir le dubbie guerre a te convienne.

Je vous honore & vous embrasse, Monsieur, de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. D. P......u.

Ce 6 Janvier 1763.

J’étois, mon cher hôte, dans un tel souci sur votre voyage que, tant pour retirer le paquet ci-joint, que je savois être au bureau, que dans l’attente de votre lettre, la poste étant arrivée hier plus tard qu’à l’ordinaire, j’envoyai trois fois de suite à Gisors. Enfin je la reçois cette lettre si impatiemment attendue, & après l’avoir déchirée pour l’ouvrir plus vîte, au lieu du détail que j’y cherchois, j’y vois pour début celui du départ de mes lettres. Mon Dieu, qu’en le lisant vous me paroissiez haïssable ! Ma foi, si c’est-là de la politesse, je la donne au diable de bien bon cœur.

Enfin vous voilà heureusement arrivé, malgré ce premier accident dont l’histoire m’eut fait trembler, si votre lettre n’eut été datée de Paris. Convenez qu’en ce moment-là, vous dûtes sentir qu’il n’est pas inutile à un convalescent d’avoir avec soi un ami en route, & qu’au fond du cœur vous m’avez su gré de ma tricherie. Voilà les seules que je sais faire, mais je ne m’en corrigerai pas.