Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/429

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& les autres ne manqueront pas de l’insérer en cet état, dans le recueil de mes écrits. Qu’y puis - je faire ? Il n’y a point de ma faute. Dans l’état où je suis, tout ce qu’il reste à faire, quand tous les maux sont sans remède, est de rester tranquille, & de ne plus se tourmenter de rien.

M. Séguier célèbre par le Plante Veronenses que vous avez peut-être ou que vous devriez avoir, vient de m’envoyer des plantes qui m’ont remis sur mon herbier & sur mes bouquins. Je suis maintenant trop riche, pour ne pas sentir la privation de ce qui me manque. Si parmi celles que vous promet le Parolier, pouvoient se trouver la grande Gentiane pourprée, le Thora valdensium, l’Epimedium, & quelques autres, le tout bien conservé & en fleurs, je vous avoue que ce cadeau me feroit le plus grand plaisir ; car je sens que malgré tout la botanique me domine. J’herboriserai, mon cher hôte, jusqu’à la mort, & au - delà ; car s’il y a des fleurs aux champs élysées, j’en formerai des couronnes pour les hommes vrais, francs, droits, & tels qu’assurément j’avois mérité d’en trouver sur la terre. Bonjour, mon très-cher hôte : mon estomac m’avertit de finir avant que la morale me gagne ; car cela me mèneroit loin. Mon cœur vous suit aux pieds du lit de la bonne maman. J’embrasse le bon M. Jeannin.