Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/434

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l’Onagra ( Oenothera biennis, Lin.)que j’ai trouvée au bord du Rhône, & que j’avois déjà trouvée, à mon voyage de Nevers, au bord de la Loire. La seconde est le laiteron bleu des Alpes (Sonchus Alpinus ) qui m’a fait d’autant plus de plaisir, que j’ai eu peine à le déterminer, m’obstinant à le prendre pour une laitue. La troisième est le Lichen Islandicus, que j’ai d’abord reconnu aux poils courts qui bordent ses feuilles. Je vous ennuye avec mon pédant étalage, mais si votre Henriette prenoit du goût pour les plantes, comme mon foin se transformeroit bien vite en fleurs ! Il faudroit bien alors, malgré vous & vos dents, que vous devinssiez botaniste.

LETTRE AU MÊME.

À Monquin le 15 Novembre 1769.

Vous voilà, mon cher hôte, grâce à la rechûte dont vous êtes délivré, dans un de ces intervalles heureux durant lesquels n’entrevoyant que de loin le retour des atteintes de goutte, vous pouvez jouir de la santé & même la prolonger ; & je suis bien sûr que le plus doux emploi que vous en pourrez faire, sera de rendre la vie heureuse à cette aimable Henriette qui verse tant de douceurs & de consolations dans la vôtre. Les détails que vous me faites de la manière dont vous cultivez le fond de sentiment & de