Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/440

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enfreint un devoir dont j’ai porté l’observation jusqu’à un scrupule peut-être inoui envers Voltaire, que j’ai laissé falsifier & défigurer mes lettres, & taire les siennes, sans que j’aie voulu jusqu’ici montrer ni les unes ni les autres à personne. Ce n’est surement pas pour me faire honneur que ces lettres ont été imprimées ; c’est uniquement pour m’attirer l’inimitié de M. de Tressan.

2º. J’ai fait il y a quelques mois à Mde. la Duchesse douairière de Portland un envoi de plantes que j’avois été herboriser pour elle au mont Pilat, & que j’avois préparées avec beaucoup de soin, de même qu’un assortiment de graines que j’y avois joint. Je n’ai aucune nouvelle de Mde. de Portland ni de cet envoi, quoique j’aie écrit & à elle, & à son commissionnaire : mes lettres sont restées sans réponse, & je comprends qu’elles ont été supprimées, ainsi que l’envoi, par des motifs qui ne vous seront pas difficiles à pénétrer. Les manœuvres qu’on employe sont très-assorties à l’objet qu’on se propose. Ayez, cher Moultou, la complaisance d’écrire à Mde. de Portland ce que j’ai fait, & combien j’ai de regret qu’on ne me laisse pas remplir les fonctions du titre qu’elle m’avoir permis de prendre auprès d’elle, & que je me faisois un honneur de mériter. Vous sentez que je ne peux pas entretenir des correspondances malgré ceux qui les interceptent. Ainsi là-dessus, comme sur toute chose où la nécessité commande, je me soumets. Je voudrois seulement que mes anciens correspondans sussent qu’il n’y a pas de ma faute, & que je ne les ai pas négligés. La même chose m’est arrivée avec M. Guan de Montpellier