Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/439

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ressemblant ; remarquez qu’on les a fait disparoître, ou contrefaire hideusement. Comment ne sentez-vous pas d’où tout cela vient, & ce que tout cela signifie ?

Voici deux actes d’honnêteté, de justice & d’amitié à faire. C’est à vous que j’en donne la commission.

1º. Rey vient de faire une édition de mes écrits, à laquelle, & à d’autres marques, j’ai reconnu que mon homme étoit enrôlé. J’aurois dû prévoir, & que des gens si attentifs ne l’oublieroient pas, & qu’il ne seroit pas à l’épreuve. Entr’autres remarques que j’ai faites sur cette édition, j’y ai trouvé avec autant d’indignation que de surprise, trois ou quatre lettres de M. le Comte de Tressan avec les réponses, qui surent écrites il y a une quinzaine d’années, au sujet d’une tracasserie de Palissot. Je n’ai jamais communiqué ces lettres qu’au seul V**, auquel j’avois alors & bien malheureusement la même confiance que que j’ai maintenant en vous. Depuis lors je ne les ai montrées à qui que ce soit, & ne me rappelle pas même en avoir parlé. Voilà pourtant Rey qui les imprime ; d’où les a-t-il eues ? ce n’en certainement pas de moi ; & il ne m’a pas dit un mot de ces lettres en me parlant de cette édition. Je comprends aisément qu’il n’a pas mieux rempli le devoir d’obtenir l’agrément de M. de Tressan, qui probablement ne l’auroit pas donné non plus que moi. Du cercueil où l’on me tient enfermé tout vivant, je ne puis pas écrire à M. de Tressan dont je ne sais pas l’adresse, & à qui ma lettre ne parviendroit certainement pas. Je vous prie de remplir ce devoir pour moi. Dites -lui que ce ne seroit pas envers lui que j’honore, que j’aurois