Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/396

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de la politique & les divers systemes de gouvernement. J’ai dans la tête que les pays du monde où le mérite est le plus honoré est celui qui te convient le mieux & que tu n’as besoin que d’être connu pour être employé. Quant à la religion, pourquoi la tienne te nuiroit-elle plus qu’à un autre ? La raison n’est-elle pas le préservatif de l’intolérance & du fanatisme ? Est-on plus bigot en France qu’en Allemagne ? & qui t’empêcheroit de pouvoir faire à Paris le même chemin que M. de Saint-Saphorin a fait à Vienne ? Si tu consideres le but, les plus prompts essais ne doivent-ils pas accélérer les succes ? Si tu compares les moyens, n’est-il pas plus honnête encore de s’avancer par ses talens que par ses amis ? Si tu songes… Ah ! cette mer… un plus long trajet… J’aimerois mieux l’Angleterre, si Paris étoit au delà.

À propos de cette grande ville, oserois-je relever une affectation que je remarque dans tes lettres ? Toi qui me parlais des Valaisanes avec tant de plaisir, pourquoi ne me dis-tu rien des Parisiennes ? Ces femmes galantes & célebres valent-elles moins la peine d’être dépeintes que quelques montagnardes simples & grossieres ? Crains-tu peut-être de me donner de l’inquiétude par le tableau des plus séduisantes personnes de l’univers ? Désabuse-toi, mon ami, ce que tu peux faire de pis pour mon repos est de ne me point parler d’elles ; & quoi que tu m’en puisses dire, ton silence à leur égard m’est beaucoup plus suspect que tes éloges.

Je serois bien aise aussi d’avoir un petit mot sur l’Opéra