Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/491

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croirez en vain posséder la même Julie, vous ne la retrouverez plus.

LETTRE VIII. DE MILORD EDOUARD À L’AMANT DE JULIE.

J’avois acquis des droits sur ton cœur ; tu m’étois nécessaire, j’étois prêt à t’aller joindre. Que t’importent mes droits, mes besoins, mon empressement ? Je suis oublié de toi ; tu ne daignes plus m’écrire. J’apprends ta vie solitaire, & farouche ; je pénetre tes desseins secrets. Tu t’ennuies de vivre.

Meurs donc, jeune insensé ; meurs, homme à la fois féroce & lâche : mais sache en mourant que tu laisses dans l’ame d’un honnête homme à qui tu fus cher la douleur de n’avoir servi qu’un ingrat.

LETTRE IX. REPONSE.

Venez, Milord ; je croyois ne pouvoir plus goûter de plaisir sur la terre : mais nous nous reverrons. Il n’est pas vrai que vous puissiez me confondre avec les ingrats : votre cœur n’est pas fait pour en trouver, ni le mien pour l’être.