Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/54

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je songeois à faire imprimer ces Lettres quand j’ecrivois contre les Spectacles, & que le soin d’excuser un de ces Ecrits ne m’a point fait altérer la vérité dans l’autre. Je me suis accusé d’avance plus fortement peut-être que personne ne m’accusera. Celui qui préfere la verité à sa gloire, peut espérer de la préférer à sa vie. Vous voulez qu’on soit toujours conséquent ; je doute que cela soit possible à l’homme ; mais ce qui lui est possible est d’etre toujours vrai : voila ce que je veux tâcher d’être.

N. Quand je vous demande si vous êtes l’Auteur de ces Lettres, pourquoi donc éludez- vous ma question ?

R. Pour cela même que je ne veux pas dire un mensonge.

N. Mais vous refusez aussi de dire la verite ?

R. C’est encore lui rendre honneur que de déclarer qu’on la veut taire : vous auriez meilleur marché d’un homme qui voudroit mentir. D’ailleurs les gens de goût se trompent-ils sur la plume