Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/23

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vient de toi, je ne vois rien qui ne m’y rappelle & sans toi je ne suis rien. Viens donc ma bien-aimée, mon ange tutélaire, viens conserver ton ouvrage, viens jouir de tes bienfaits. N’ayons plus qu’une famille, comme nous n’avons qu’une ame pour la chérir ; tu veilleras sur l’éducation de mes fils, je veillerai sur celle de ta fille : nous nous partagerons les devoirs de mere & nous en doublerons les plaisirs. Nous éleverons nos cœurs ensemble à celui qui purifia le mien par tes soins & n’ayant plus rien à desirer en ce monde, nous attendrons en paix l’autre vie dans le sein de l’innocence & de l’amitié.

LETTRE II. REPONSE DE MDE. D’ORBE

À MDE. DE WOLMAR.

Mon Dieu, cousine, que ta lettre m’a donné de plaisir ! Charmante prêcheuse !… charmante, en vérité. Mais prêcheuse pourtant. Pérorant à ravir : des œuvres, peu de nouvelles. L’architecte Athénien … ce beau diseur !… tu sais bien… dans ton vieux Plutarque… Pompeuses descriptions, superbe temple !… quand il a tout dit, l’autre vient ; un homme uni ; l’air simple, grave & posé… comme qui diroit, ta cousine Claire… D’une voix creuse, lente & même un peu nasale.… Ce qu’il a dit, je le ferai.Il se