Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/310

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à moins. Les plus clairvoyans se décident pourtant à la fin pour Julie. Henriette, dont le pere étoit blond, est blonde comme elle & lui ressemble beaucoup. Une certaine tendresse de mere se peint encore mieux dans ses yeux si doux que dans les regards plus enjoués de Claire. La petite prend aupres de Julie un air plus respectueux, plus attentif sur elle-même. Machinalement elle se met plus souvent à ses côtés, parce que Julie a plus souvent quelque chose à lui dire. Il faut avouer que toutes les apparences sont en faveur de la petite Maman ; & je me suis apperçu que cette erreur est si agréable aux deux cousines, qu’elle pourroit bien être quelquefois volontaire & devenir un moyen de leur faire sa cour.

Milord, dans quinze jours il ne manquera plus ici que vous. Quand vous y serez, il faudra mal penser de tout homme dont le cœur cherchera sur le reste de la terre des vertus, des plaisirs, qu’il n’aura pas trouvés dans cette maison.