Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/340

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


de votre songe que son espece & cela par une raison fort différente de celle que vous pourriez penser Un tyran fit autrefois mourir un homme qui, dans un songe, avoit cru le poignarder. Rappelez-vous la raison qu’il donna de ce meurtre & faites-vous-en l’application. Quoi ! vous allez décider du sort de votre ami & vous songez à vos anciennes amours ! Sans les conversations du soir précédent, je ne vous pardonnerois jamais ce rêve-là. Pensez le jour à ce que vous allez faire à Rome, vous songerez moins la nuit à ce qui s’est fait à Vevai.

La Fanchon est malade ; cela tient ma femme occupée & lui ôte le tems de vous écrire. Il y a ici quelqu’un qui supplée volontiers à ce soin. Heureux jeune homme ! tout conspire à votre bonheur ; tous les prix de la vertu vous recherchent pour vous forcer à les mériter. Quant à celui de mes bienfaits, n’en chargez personne que vous-même ; c’est de vous seul que je l’attends.