Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/115

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donné mes doutes pour, mes opinions pour des opinions ; je vous ai dit mes raisons de douter & de croire. Maintenant c’est à vous de juger.*

[*Ibid. Tome II. p. 104 in-4̊., T.III. p.158. in-8̊. & in-12̊]


Lors donc que dans le même écrit l’auteur dit : Si je me trompe, c’est de bonne-foi ; cela suffit pour que mon erreur ne me soit pas imputée a crime ; je demande à tout lecteur qui a le sens commun & quelque sincérité, si c’est sur la premiere ou sur la seconde partie que peut tomber ce soupçon d’être dans l’erreur ; sur celle où l’auteur affirme, ou sur celle où il balance ? Si ce soupçon marque la crainte de croire en Dieu mal-à-propos, ou sur celle d’avoir à tort des doutes sur la Révélation ? Vous avez pris le premier parti contre toute raison, & dans le seul desir de me rendre criminel ; je vous défie d’en donner aucun autre motif. Monseigneur, où sont, je ne dis pas l’équité, la charité Chrétienne, mais le bon sens & l’humanité ?

Quand vous auriez pu vous tromper sur l’objet de la crainte du Vicaire, le texte seul que vous rapportez vous eût désabusé malgré vous. Car lorsqu’il dit ;Cela suffit pour que mon erreur ne me soit pas imputée à crime, il reconnoît qu’une pareille erreur pourroit être un crime, & que ce crime lui pourroit être imputé, s’il ne procédoit pas de bonne foi. Mais quand il n’y auroit point de Dieu, où seroit le crime de croire qu’il y en a un ? Et quand ce seroit un crime, qui est-ce qui le pourroit imputer ? La crainte d’être dans l’erreur ne peut donc ici tomber sur la Religion naturelle, & le Discours du Vicaire seroit un vrai galimathias dans le sens