Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/150

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"Vous nous demandez si nous admettons tout l’Evangile ; nous admettons tous les enseignemens qu’a donnes Jésus-Christ. L’utilité, la nécessité de la plupart de ces enseignemens nous frappe, & nous tâchons de nous y conformer. Quelques-uns ne sont pas à notre portée ; ils ont été donnés sans doute pour des esprits plus intelligens que nous. Nous ne croyons point avoir atteint les limites de la raison humaine, & les hommes plus pénétrans ont besoin de préceptes plus élevés. "

"Beaucoup de choses dans l’Evangile passent notre raison, & même la choquent ; nous ne les rejetons pour-tant pas. Convaincus de la foiblesse de notre entendement, nous savons respecter ce que nous ne pouvons concevoir, quand l’association de ce que nous concevons nous le fait juger supérieur à nos lumieres. Tout ce qui nous est nécessaire à savoir pour être saints, nous paroît clair dans l’Evangile ; qu’avons-nous besoin d’entendre le reste ? Sur ce point nous demeurons ignorans, mais exempts d’erreur, & nous n’en serons pas moins gens de bien ; cette humble réserve elle-même est l’esprit de l’Evangile."

"Nous ne respectons pas précisément ce Livre sacré comme Livre, mais comme la parole & la vie de Jésus-Christ. Le caractère de vérité, de sagesse & de sainteté qui s’y trouve nous apprend que cette histoire n’a pas été essentiellement altérée ;*

[* Où en seroient les simples fidèles, si l’on ’le pouvoit savoir cela que par des discussions de critique, ou par l’autorité des Pasteurs ? De quel front ose-t-on faire dépendre la foi de tant de science on de tant de soumission ?] mais il n’est pas démontré