Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/192

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une distinction qu’ils sont hors d’état de faire : ce qui montre qu’il n’y a de signe vraiment certain que celui qui se tire de la doctrine, & qu’il n’y a par conséquent que les bons raisonneurs qui puissent avoir une foi solide & sûre ; mais la bonté divine se prête aux foiblesses du vulgaire, & veut bien lui donner des preuves qui fassent pour lui.

Je m’arrête ici sans rechercher si ce dénombrement peut aller plus loin : c’est une discussion inutile à la nôtre ; car il est clair que quand tous ces signes se trouvent réunis, c’en est assez pour persuader tous les hommes, les sages, les bons & le Peuple ; tous, excepté les foux, incapables de raison, & les méchans qui ne veulent être convaincus de rien.

Ces caracteres sont des preuves de l’autorité de ceux en qui ils résident ; ce sont les raisons sur lesquelles on est obligé de les croire. Quand tout cela est fait, la vérité de leur mission est établie ; ils peuvent alors agir avec droit & puissance en qualité d’Envoyés de Dieu. Les preuves sont les moyens, la foi due à la doctrine est la fin. Pourvu qu’on admette la doctrine, c’est la chose la plus vaine de disputer sur le nombre & le choix des preuves ; & si une seule me persuade, vouloir m’en faire adopter d’autres est un soin perdu. Il seroit du moins bien ridicule de soutenir qu’un homme ne croit pas ce qu’il dit croire, parce qu’il ne le croit pas précisément par les mêmes raisons que nous disons avoir de le croire aussi.

Voilà, ce me semble, des principes clairs & incontestables : venons à l’application. Je me déclare Chrétien ; mes persécuteurs disent que je ne le suis pas. Ils prouvent que je ne