Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/195

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Non, Cana, le Centenier, le Lépreux, les Aveugles, les Paralytiques, la multiplication des pains, toute la Galilée, toute la Judée, déposent pour moi. Voilà mes signes ; pourquoi feignez-vous de ne les pas voir ?"

Au lieu de cette réponse, que Jésus ne fit point, voici, Monsieur, celle qu’il lit :

La Nation méchante & adultere demande un signe, & il ne lui en sera point donné. Ailleurs il ajoute : Il ne lui sera point donné d’autre signe que celui de Jonas le Prophete. Et leur tournant le dos, il s’en alla. *

[* Marc. VIII. 12. Matth. XVI. 4. Pour abréger j’ai fondu ensemble ces deux passages, mais j’ai conserve la distinction essentielle a la question. ]

Voyez d’abord comment, blâmant cette manie des signes miraculeux, il traite ceux qui les demandent. Et cela ne lui arrive pas une fois seulement, mais plusieurs. *

[* Conférez les passages suivans. Matth. XII. 39. 41. Marc. VII. 12. Luc. XI. 29. Jean II. 18. 19. IV. 48. V. 34. 36. 39. ] Dans le systême de vos Messieurs, cette demande étoit très-légitime : pourquoi donc insulter ceux qui la faisoient ?

Voyez ensuite à qui nous devons ajouter foi par préférence ; d’eux, qui soutiennent que c’est rejetter la Révélation Chrétienne, que de ne pas admettre les miracles de Jésus pour les signes qui l’établissent ; ou de Jésus lui-même, qui déclare qu’il n’a point de signe à donner.

Ils demanderont ce que c’est donc que le signe de Jonas le Prophete ? Je leur répondrai que c’est sa prédication aux Ninivites, précisément le même signe qu’employoit Jésus avec les Juifs, comme il l’explique lui-même. *

[* Matth. XII. 41. Luc. XI. 30. 32] On ne