Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/231

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publier un Livre & d’y mettre son nom. Quand j’ai dit mon sentiment sur quelque matiere que ce fut, je l’ai dit hautement, à la face du Public, je me suis nommé, & puis je suis demeuré tranquille dans ma retraite : on me persuadera difficilement que cela ressemble à des pratiques & machinations.

Pour bien entendre l’esprit du serment & le sens des termes, il faut se transporter au tems où la formule en fut dressée, & où il s’agissoit essentiellement pour l’Etat de ne pas retomber sous le double joug qu’on venoit de secouer. Tous les jours on découvroit quelque nouvelle trame en faveur de la Maison de Savoye ou des Evêques, sous prétexte de Religion. Voilà sur quoi tombent clairement les mots de pratiques & de machinations, qui, depuis que la Langue Françoise existe, n’ont surement jamais été employés pour les sentiment généraux qu’un homme publie dans un Livre où il se nomme, sans projet, sans vue particuliere, & sans trait à aucun Gouvernement. Cette accusation paroît si peu sérieuse à l’Auteur même qui l’ose faire, qu’il me reconnoît fidele aux devoirs du Citoyen*

[* Page 8. ] . Or comment pourrois-je l’être, si j’avois enfreint mon serment de Bourgeois ?

Il n’est donc pas vrai que j’aye enfreint ce ferment. J’ajoute que quand cela seroit vrai, rien ne seroit plus inouÏ dans Geneve en choses de cette espece, que la procédure faite contre moi. Il n’y a peut-être pas de Bourgeois qui n’enfreigne ce serment en quelque article,*

[* Par exemple, de ne point sortir de la Ville pour aller habiter ailleurs sans permission. Qui est-ce qui demande cette permission ?] sans qu’on