Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/353

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


formellement aux sujets le droit de donner de pareils mémoires ? Ce n’est pourtant pas dans un Etat despotique, c’est dans une République, c’est dans une Démocratie, qu ’on donne authentiquement aux Citoyens, aux membres du Souverain, la permission d’user auprès de leur Magistrat de ce même droit que nul Despote n’ôta jamais au dernier de ses esclaves.

Quoi ! ce droit de Représentation consisteroit uniquement à remettre un papier qu’on est même dispensé de lire, au moyen d ’une réponse sèchement négative ?*

[*Telle, par exemple, que celle que fit le Conseil le 10 Août 1763, aux Représentations remises le à M. le premier Syndic par un grand nombre de Citoyens & Bourgeois.] Ce droit si solennellement stipulé en compensation de tant de sacrifices, se borneroit à la rare prérogative de demander & ne rien obtenir ? Oser avancer une telle proposition, c’est accuser les Médiateurs d’avoir usé avec la Bourgeoisie de Geneve de la plus indigne supercherie ; c’est offenser la probité des Plénipotentiaires, l’équité des Puissances médiatrices ; c’est blesser toute bienséance, c’est outrager même le bon sens.

Mais enfin quel est ce droit ? jusqu’où s’étend-il ? comment peut-il être exercé ? Pourquoi rien de tout cela n’est-il spécifié dans l’article VII ? Voilà des questions raisonnables ; elles offrent des difficultés qui méritent examen.

La solution d’une seule nous donnera celle de toutes les autres, & nous dévoilera le véritable esprit de cette institution.

Dans un Etat tel que le vôtre, où la souveraineté est entre