Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/42

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bien, en volant quelque fruit défendu. Il sentira aussi, j’en conviens, que c’est un mal d’être puni, & un bien d’être récompensé ; & c’est dans la balance de ces biens & de ces maux contradictoires que se regle sa prudence enfantine. Je crois avoir démontré cela mille fois dans mes deux premiers volumes, & sur-tout dans le dialogue du maître & de l’enfant sur ce qui est mal.*

[*Emile, Tome I. p. 189.] Pour vous, Monseigneur, vous réfutez mes deux volumes en deux lignes, & les voici. Le prétendre, M.T.C.F. c’est calomnier la nature humaine, en lui attribuant une stupidité qu’elle n’a point.*

[*Mandement, VI.] On ne sauroit employer une réfutation plus tranchante, ni conçue en moins de mots. Mais cette ignorance, qu’il vous plaît d’appeller stupidité, se trouve constamment dans tout esprit gêné dans des organes imparfaits, ou qui n’a pas été cultivé ; c’est une observation facile à faire, & sensible à tout le monde. Attribuer cette ignorance à la nature humaine, n’est donc pas la calomnier ; & c’est vous qui l’avez calomniée, en lui imputant une malignité qu’elle n’a point.

Vous dites encore : Ne vouloir enseigner la sagesse à l’homme que dans le tems qu’il sera dominé par la fougue des passions naissantes, n’est-ce pas la lui présenter dans le dessein qu’il la rejette ?*

[*Ibid.IX] Voilà derechef une intention que vous avez la bonté de me prêter ; & qu’assurément nul autre que vous ne trouvera dans mon Livre. J’ai montré, premiérement, que celui qui sera élevé comme je veux, ne sera pas dominé par les passions dans le tems que vous dites. J’ai