Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/104

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haut ; j’ai cite aussi un peuple moderne, & ce l’est pas ma faute, si je n’en ai trouve qu’un. On me reproche encore dans une maxime générale des parallèles odieux, ou. il entre, dit-on, moins de zele & d’équité que d’envie contre mes compatriotes & d’humeur contre mes contemporains. Cependant, personne, peut-être, n’aime autant que moi son pays & ses compatriotes. Au surplus, je n’ai qu’un mot à répondre. J’ai dit mes raisons & ce sont elles qu’il faut peser. Quant à mes intentions, il en faut laisser le jugement celui-là seul auquel il appartient.

Je ne dois point passer ici sous silence une objection considérable qui m’a déjà été faite par un Philosophe :*

[*Pref. de l’Encycl.] N’est-ce point, me dit-on ici, au climat, au tempérament, au manque d’occasion, au défaut d’objet, à l’économie du gouvernement, aux Coutumes, aux Loix, à toute autre cause qu’aux Sciences qu’on doit attribuer cette différence qu’on remarque quelquefois dans les mœurs en différens pays & en différens tems ?

Cette question renferme de grandes vues & demanderoit des eclaircissemens trop étendus pour convenir à cet écrit D’ailleurs, il s’agiroit d’examiner les relations très-cachées, mais très-réelles qui se trouvent entre la nature du gouvernement, & le génie, les mœurs & les connoissances des citoyens ; & ceci me jetteroit dans des discussions délicates, qui me pourroient mener trop loin. De plus, il me seroit bien difficile de parler de gouvernement, sans donner trop beau jeu à mon