Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/106

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subtilités de la Scholastique, avec lesquelles, sous prétexte d’éclaircir les principes de la Religion, on en anéantit l’esprit en substituant l’orgueil scientifique à l’humilité chrétienne. J’aurois du m’élever avec plus de force contre ces Ministres indiscrets, qui les premiers ont ose porter les mains à l’Arche, pour étayer avec leur foible savoir un édifice soutenu par la main de Dieu. J’aurois du m’indigner contre ces hommes frivoles, qui par leurs misérables pointilleries, ont avili la sublime simplicité de l’Evangile, & réduit en syllogismes la doctrine de Jésus-Christ. Mais il s’agit aujourd’hui de nie défendre, & non d’attaquer.

Je vois que c’est par l’histoire & les faits qu’il faudroit terminer cette dispute. Si je savois exposer en peu de mots ce que les Sciences & la Religion ont eu de commun des le commencement, peut-être cela serviroit-il a décider la question sur ce point.

Le Peuple que Dieu s’etoit choisi, n’a jamais cultive les Sciences, & on ne lui en a jamais conseille l’étude ; cependant, si cette étude etoit bonne à quelque chose, il en auroit eu plus besoin qu’un autre. Au contraire, ses Chefs firent toujours leurs efforts pour le tenir sépare autant qu’il etoit possible des Nations idolâtres & savantes qui l’environnoient. Précaution moins nécessaire pour lui d’un cote que de l’autre ; car ce Peuple foible & grossier, etoit bien plus aise à séduire par les fourberies des Prêtres de Baal, que par les sophismes Philosophes.

Après des dispersions fréquentes parmi les Egyptiens & les Grecs, la Science eut encore mile peines à germer dans les