Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/184

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corps, qui devroit le faire fondre en larmes, ne lui arrache plus ni plaintes ni pleurs : il le contemple d’un œil sec & sombre ; il n’y voit plus qu’un objet de rage & de désespoir. Aide de son serviteur, il le charge sur sa monture & l’emporte dans sa maison. La, sans hésiter, sans trembler, le barbare ose couper ce corps en douze pieces ; d’une main ferme & sure il frappe sans crainte, il coupe la chair & les os, il sépare la tête & les membres, & après avoir fait aux Tribus ces envois effroyables, il les précede à Maspha, déchire ses vêtemens, couvre sa tête de cendres, se prosterne à mesure qu’ils arrivent & réclame & grands cris la justice du Dieu d’IsraËl.