Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/185

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CHANT TROISIEME.

Cependant vous eussiez vu tout le Peuple de Dieu, s’émouvoir, s’assembler, sortir de ses demeures, accourir de toutes les Tribus à Maspha devant le Seigneur, comme un nombreux ; essaim d’abeilles se rassemble en bourdonnant autour de leur Roi. Ils vinrent tous, ils vinrent de toutes parts, de tous les cantons, tous d’accord comme un seul homme depuis Dan jusqu’a Beersabée, & depuis Galaad jusqu’a Maspha.

Alors le Lévite, s’étant présente dans un appareil lugubre, fut interroge par les anciens devant l’assemblée sur le meurtre de la jeune fille, & il leur parla ainsi : "Je suis entre dans Gabaa ville de Benjamin avec ma femme pour y passer la nuit ; & les gens du pays ont entoure la maison ou j’étois loge, voulant m’outrager & me faire périr. J’ai été force de livrer ma femme à leur débauche, & elle est morte en sortant de leurs mains. Alors j’ai pris son corps, je l’ai mis en pieces, & je vous les ai envoyées à chacun dans vos limites. Peuple du Seigneur, j’ai dit la vérité ; faites ce qui vous semblera juste devant le Très-Haut."

À l’instant il s’éleva dans tout Israel un seul cri, mais éclatant, mais unanime : Que le sang de la jeune femme retombe sur ses meurtriers. Vive l’Eternel ! nous ne rentrerons point dans nos demeures, & nul de nous ne retournera sous ’son toit que Gabaa ne soit extermine. Alors le Lévite s’écria d’une forte : béni soit Israel qui punit l’infamie & venge