Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/545

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Voilà l’analyſe groſſiere des parties de la fleur. A meſure que la corolle ſe fane & tombe, le germe groſſit & devient une capſule triangulaire allongée, dont l’intérieur contient des ſemences plates diſtribuées en trois loges. Cette capſule conſidérée comme l’enveloppe des graines, prend le nom de Péricarpe. Mais je n’entreprendrai pas ici l’analyſe du fruit. Ce ſera le ſujet d’une autre Lettre.

Les parties que je viens de vous nommer ſe trouvent également dans les fleurs de la plupart des autres plantes, mais à divers degrés de proportion, de ſituation & de nombre. C’eſt par l’analogie de ces parties & par leurs diverſes combinaiſons, que ſe déterminent les diverſes familles du regne végétal. Et ces analogies des parties de la fleur ſe lient avec d’autres analogies des parties de la plante qui ſemblent n’avoir aucun rapport à celles-la.. Par exemple, ce nombre de ſix étamines, quelquefois ſeulement trois, de ſix pétales ou diviſons de la corolle, & cette forme triangulaire à trois loges de l’ovaire, déterminent toute la famille des liliacées ; & dans toute cette même famille qui eſt très-nombreuſe, les racines ſont toutes des oignons ou bulbes plus ou moins marquées, & variées quant à leur figure ou compoſition. L’oignon du Lis eſt compoſé d’écailles en recouvrement ; dans l’Aſphodele, c’eſt une, liaſſe de navets allongés ; dans le Safran, ce ſont deux bulbes : l’une ſur l’autre ; dans la Colchique, à coté l’une de l’autre, mais toujours des bulbes.

Le Lis, que j’ai choiſi parce qu’il eſt de la ſaiſon, & auſſi à cauſe de la grandeur de ſa fleur & de ſes parties qui les rend plus ſenſibles, manque cependant d’une des parties conſ-