Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/549

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ture qui les ſépare, & cette poſition alternative a lieu dans toutes les eſpeces de Fleurs qui ont un nombre égal de pétales à la corolle & de folioles au calice.

Il nous reſte à parler des étamines. Vous les trouverez dans la Giroflée au nombre de ſix, comme dans les liliacées, mais non pas de même égales entr’elles, ou alternativement inégales ; car vous en verrez ſeulement deux en oppoſition l’une de l’autre, ſenſiblement plus courtes que les quatre autres qui les ſéparent, & qui en ſont auſſi ſéparées de deux en deux.

Je n’entrerai pas ici dans le détail de leur ſtructure & de leur poſition : mais je vous préviens que ſi vous y regardez bien, vous trouverez la raiſon pourquoi ces deux étamines ſont plus courtes que les autres, & pourquoi deux folioles du calice ſont plus boſſues, ou, pour parler en termes de Botanique, plus gibbeuſes & les deux autres plus applaties ?

Pour achever l’hiſtoire de notre Giroflée, il ne faut pas l’abandonner après avoir analyſé ſa fleur, mais il faut attendre que la corolle ſe flétriſſe & tombe, ce qu’elle fait aſſez promptement, & remarquer alors ce que devient le piſtil, compoſé, comme nous l’avons dit ci-devant, de l’ovaire ou péricarpe, du ſtyle & du ſtigmate. L’ovaire s’alonge beaucoup & s’élargit un peu à meſure que le fruit mûrit. Quand il eſt mur, cet ovaire ou fruit devient une eſpece de gouſſe plate appelée Silique.

Cette ſilique eſt compoſée de deux valvules poſées l’une ſur l’autre, & ſéparée par une cloiſon fort mince appelée Médiaſtin.