Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/554

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néralement en régulieres & irrégulières. Les premieres ſont celles dont toutes les parties s’ecartent uniformément du centre de la fleur, & aboutiroient ainſi par leurs extrémités extérieures à la circonférence d’un cercle. Cette uniformité fait qu’en préſentant à l’œil les fleurs de cette eſpece, il n’y diſtingue ni deſſus ni deſſous, ni droite ni gauche ; telles ſont les deux familles ci-devant examinées. Mais au premier coup-d’œil vous verrez qu’une fleur de Pois eſt irrégulière, qu’on y diſtingue aiſément dans la corolle la partie plus longue qui doit être en haut, de la plus courte qui doit être en bas, & qu’on conçoit fort bien, en préſentant la fleur vis-à-vis de l’œil, ſi on la tient dans ſa ſituation naturelle ou ſi on la renverſe. Ainſi toutes les fois qu’examinant une fleur irrégulière, on parle du haut & du bas, c’eſt en la plaçant dans ſa ſituation naturelle.

Comme les fleurs de cette famille ſont d’une conſtruction fort particuliere, non-ſeulement il faut avoir pluſieurs fleurs de Pois & les diſſéquer ſucceſſivement, pour obſerver toutes leurs parties l’une après l’autre, il faut même ſuivre le progrès de la fructification depuis la premiere floraiſon juſqu’à la maturité du fruit.

Vous trouverez d’abord un calice monophylle, c’esſt-à-dire d’une ſeule piece terminée en cinq pointes bien diſtinctes, dont deux un peu plus larges ſont en haut, & les trois plus étroites en bas. Ce calice eſt recourbé vers le bas, de même que le pédicule qui le ſoutient, lequel pédicule eſt très-délié, très-mobile, en ſorte que la fleur ſuit aiſément le courant de l’air & préſente ordinairement ſon dos au vent & à la pluie.

Le calice examiné, on l’ôte, en le déchirant délicatement