Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/555

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de maniere que le reſte de la fleur demeure entier, & alors vous voyez clairement que la corolle eſt polypétale.

Sa premiere piece eſt un grand & large pétale qui couvre les autres & occupe la partie ſupérieure de la corolle, à cauſe de quoi ce grand pétale à pris le nom de Pavillon. On l’appelle auſſi l’Etendard. Il faudroit ſe boucher les yeux & l’eſprit pour ne pas voir que ce pétale eſt-là comme un parapluie pour garantir ceux qu’il couvre des principales injures de l’air.

En enlevant le pavillon comme vous avez fait le calice, nous remarquerez qu’il eſt emboîté de chaque coté par une petite oreillette dans les pieces latérales, de maniere que ſa ſituation ne puiſſe être dérangée par le vent.

Le pavillon ôté laiſſe à découvert ces deux pieces latérales auxquelles il étoit adhérent par ſes oreillettes ; ces pieces latérales s’appellent les Aîles. Vous trouverez en les détachant qu’emboîtées encore plus ſortement avec celle qui reſte, elles n’en peuvent être ſéparées ſans quelque effort, Auſſi les aîles ne ſont gueres moins utiles pour garantir les côtés de la fleur que le pavillon pour la couvrir.

Les aîles ôtées vous laiſſent voir la derniere piece de corolle ; piece qui couvre & défend le centre de la fleur, & l’enveloppe, ſur-tout par-deſſous, auſſi ſoigneuſement que les trois autres pétales enveloppent le deſſus & les côtés. Cette derniere piece qu’à cauſe de ſa forme on appelle la Nacelle, eſt comme le coffre-fort dans lequel la nature a mis ſon tréſor à l’abri des atteintes de l’air & de l’eau.

Après avoir bien examiné ce pétale, tirez-le doucement par-deſſous en le pinçant légérement par la quille, c’eſt-à-dire,