Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/81

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parle de l’éducation des Colleges. Il m’apprend qu’on y enseigne aux jeunes gens je ne sais combien de belles choses qui peuvent être d’une bonne ressource pour leur amusement quand ils seront grands, mais dont j’avoue que je ne vois point le rapport avec les devoirs des Citoyens, dont il faut commencer par les instruire. " Nous nous enquérons volontiers fait-il du Grec & du Latin ? Ecrit-il en vers ou en prose ? Mais s’il est devenu meilleur ou plus avise, c’etoit le principal ; & c’est ce qui demeure derrière. Criez d’un Passant à notre Peuple, ô le savant homme ! & d’un autre, ô le bon-homme ! II ne faudra pas à détourner ses yeux & son respect vers le premier. Il y faudroit un tiers Crieur. Ô les lourdes têtes !"

J’ai dit que la Nature a voulu nous préserver de la Science comme une mere arrache une arme dangereuse des mains de son enfant, & aux la peine que nous trouvons à nous instruire n’est pas le moindre de ses bienfaits. M. Gautier aimeroit autant que j’eusse dit : Peuples, fâchez donc une fois que la Nature ne veut pas que vous vous nourrissiez des productions de la terre ; la peine qu’elle a attachée à sa culture est un avertissemen pour vous de la laisser en friche. M. Gautier n’a pas songe, qu’avec un peu de travail, on est sur de faire du pain ; mais qu’avec beaucoup d’étude il est très-douteux qu’on parvienne à faire un homme raisonnable. Il n’a pas songe encore que ceci n’est précieusement qu’une observation de plus en ma faveur ; car pourquoi la Nature nous a-t-elle impose des travaux nécessaires, si ce n’est pour nous détourner des occupations oiseuses ? Mais au mépris qu’il montre pour l’agriculture,. on voit aisément que s’il ne tenoit qu’a lui, tous les Laboureurs déserteroient