Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/101

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Oh ! Monsieur, je n'ai pas une tête si vive ;

Et j'ai tant de lenteur dans l'imaginative, 45 Que mon esprit grossier, toujours dans l'embarras,

Ne sait jamais jouir des biens que je n'ai pas :

Je serais un Crésus sans cette maladresse. [ 2 ]


DORANTE.

Sais-tu, mon tendre ami, qu'avec ta gentillesse

Tu pourrais bien, pour prix de ta moralité, 50 Attirer sur ton dos quelque réalité ?


CARLIN.

Ah ! De moraliser je n'ai plus nulle envie.

Comme on te traite, hélas ! Pauvre philosophie !

Çà, vous pouvez parler, j'écoute sans souffler.


DORANTE.

Apprends donc un secret qu'à tous il faut celer, 55 Si tu le peux, du moins.


CARLIN.

Rien ne m'est plus facile.


DORANTE.

Dieu le veuille ! En ce cas tu pourras m'être utile.


CARLIN.

Voyons.


DORANTE.

J'aime Isabelle.


CARLIN.