Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/150

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795 Mais, si l'amant méprise un si faible esclavage,

Il faut bien que l'ami du moins m'en dédommage ;

Ma tendresse n'est pas un tel affront, je croi,

Qu'il faille m'en punir en rompant avec moi.


DORANTE.

Je sens ce que je dois à vos bontés, madame : 800 Mais vos sages leçons ont si touché mon âme,

Que, pour vous rendre ici même sincérité,

Peut-être mieux que vous j'en aurai profité.

ISABELLE, bas, à Lisette.

Lisette, qu'il est froid ! il a l'air tout de glace.

LISETTE, bas.

Bon, c'est qu'il est piqué ; c'est par pure grimace.


ISABELLE.

805 Depuis notre entretien, vous serez bien surpris

D'apprendre en cet instant le parti que j'ai pris.

Je vais me marier.

DORANTE, froidement.

Vous marier ! vous-même ?


ISABELLE.

En personne. D'où vient cette surprise extrême ?

Ferais-je mal, peut-être ?


DORANTE.

Oh ! non : c'est fort bien fait.